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Kaelira Varkhys, héritière baeline ayant choisi sa propre route
Archives de Vaelris · Dossier n°017

Kaelira Varkhys

Dite Kael

L'héritière qui choisit sa propre route. Une jeune Baeline dont la liberté vaut davantage que le sang, la fortune ou les titres perdus.

Personnage Baeline Kael Borik Liberté

Parmi les nombreux Baelins qui vivent aujourd'hui à Vaelris, peu possèdent un destin aussi singulier que Kaelira Varkhys. Son regard ambré, ses oreilles félines toujours dressées et sa longue queue trahissent immédiatement ses origines, mais ce n'est pas ce qui attire le plus l'attention. Ceux qui la croisent retiennent surtout son sourire malicieux, sa curiosité insatiable et cette impression étrange qu'aucune situation ne semble réellement l'inquiéter. Elle possède l'art de transformer les difficultés en occasions, les rencontres en amitiés et les mauvaises idées en aventures dont elle ressort presque toujours indemne.

Les chroniques la décrivent encore comme une jeune adulte. Elle-même affirme avoir cessé de compter les saisons depuis longtemps. Chez les Baelins, l'âge importe moins que les expériences traversées, et Kaelira considère que certaines journées valent davantage qu'une année entière passée à attendre.

Une enfance brisée

Peu d'habitants de Vaelris connaissent les véritables origines de Kaelira Varkhys. Les Baelins eux-mêmes évoquent rarement le nom de sa famille, comme si celui-ci appartenait désormais au passé. Les rares chroniqueurs qui s'y sont intéressés rapportent qu'elle naquit au sein d'une ancienne lignée noble, autrefois respectée parmi les siens. Son enfance aurait dû se dérouler dans de vastes demeures, entourée de précepteurs, de gardes et des traditions raffinées de son peuple.

Tout bascula lors de ce que certains appellent encore la Nuit du Bannissement.

Les circonstances exactes demeurent obscures. Les témoignages se contredisent, les archives restent incomplètes et Kaelira refuse obstinément d'en parler. Une seule certitude subsiste : au lever du jour, sa famille avait disparu des cercles du pouvoir. Son nom fut effacé des registres, ses biens confisqués et ceux qui lui étaient restés fidèles disparurent à leur tour.

Elle n'était encore qu'une enfant.

Les années de silence

Livrée à elle-même, Kaelira découvrit un monde qui n'avait plus rien de commun avec celui de son enfance. Les temples et jardins de cendre de Baal-Dar laissèrent place aux ruelles, les salles d'étude aux marchés et les repas abondants à une faim quotidienne. Elle comprit rapidement que la survie impose parfois des choix que l'on préfère ensuite oublier.

Comme beaucoup d'enfants abandonnés, elle fit ce qu'il fallait pour vivre.

Elle n'en parle jamais.

Lorsqu'on évoque cette période de son existence, son sourire disparaît un instant avant de revenir comme si rien ne s'était passé. Ceux qui la connaissent depuis longtemps savent qu'il vaut mieux ne pas insister. Certaines blessures ne guérissent jamais complètement.

Peut-être est-ce pour cette raison que Kaelira ne porte plus aucun intérêt à son ancienne condition. Elle préfère être jugée pour ce qu'elle est devenue plutôt que pour ce qu'elle aurait dû être.

Une Baeline

Les Baelins jouissent d'une réputation ancienne. On les dit agiles, rapides, souples et presque impossibles à surprendre. Kaelira confirme volontiers ces qualités avant d'ajouter, non sans ironie, que les humains confondent souvent vitesse et précipitation.

Son peuple attache une grande importance à l'équilibre du corps. Les gestes inutiles sont rares, les mouvements brusques plus rares encore. Même lorsqu'elle travaille de longues heures sur un mécanisme délicat ou qu'elle traverse les toits de Vaelris, ses déplacements rappellent davantage une danse qu'une succession d'efforts.

Cette dextérité naturelle fait merveille dans tous les travaux de précision. Serrures, bijoux, petits mécanismes ou objets fragiles semblent retrouver une seconde vie entre ses mains.

Borik

Le destin voulut qu'un jour ses pas croisent ceux de Borik, le vieux nain bijoutier. Leur rencontre est aujourd'hui racontée de mille façons différentes selon les tavernes de Vaelris. Certains affirment qu'elle tenta de le voler, d'autres qu'elle cherchait simplement de quoi manger. Borik lui-même se contente généralement de hausser les épaules avant de répondre qu'il est inutile de demander des explications à quelqu'un qui avait visiblement le ventre vide.

Quelles que soient les circonstances exactes, cette rencontre changea leur existence.

Borik reconnut rapidement chez la jeune Baeline une intelligence peu commune et une remarquable habileté manuelle. Au fil des années, elle devint son associée autant que sa protégée. Lui lui transmit l'art de reconnaître une pierre précieuse, de réparer un bijou ancien, de négocier sans jamais hausser le ton et surtout d'observer les hommes avant leurs paroles.

Tous deux prétendent n'avoir besoin de personne. Personne ne les croit vraiment.

Une curiosité impossible à satisfaire

S'il existe un véritable défaut chez Kaelira, il réside probablement dans son incapacité à ignorer un mystère.

Une porte fermée appelle une question. Une galerie oubliée mérite d'être explorée. Un coffre abandonné cache forcément quelque chose d'intéressant.

Cette curiosité lui attire régulièrement davantage d'ennuis que de récompenses. Borik affirme qu'elle finira pendue. Kaelira lui répond invariablement qu'il dramatise tout.

Jusqu'à présent, aucun des deux n'a complètement tort.

Les quais

Bien que son atelier occupe une grande partie de son quotidien, Kaelira connaît également les quais de Vaelris presque aussi bien que les dockers eux-mêmes. Les marins, les contrebandiers et les nains du Syndicat savent pouvoir compter sur sa discrétion lorsqu'un message doit être remis ou qu'un colis nécessite un transport rapide.

Elle ne pose jamais les mauvaises questions.

Et comprend souvent les bonnes avant même qu'elles soient formulées.

Une liberté jalousement protégée

Ceux qui imaginent Kaelira avide de richesse ou de pouvoir la connaissent mal. Après avoir tout perdu une première fois, elle s'est juré qu'aucun titre, aucune fortune et aucune institution ne décideraient plus jamais de sa vie.

Elle accepte les conseils. Jamais les chaînes.

Cette indépendance explique sans doute pourquoi elle inspire si facilement la confiance. Kaelira ne fréquente pas les autres pour ce qu'ils possèdent, mais pour ce qu'ils sont. Une fois son amitié acquise, elle se montre d'une fidélité presque absolue.

Une trahison, en revanche, ne reçoit généralement pas de seconde chance.

Une réputation discrète

Les gardes connaissent son visage.

Les voleurs connaissent son nom.

Les marchands connaissent son honnêteté.

Cette contradiction amuse beaucoup les étrangers. Comment une ancienne voleuse peut-elle inspirer davantage de confiance que certains commerçants établis depuis plusieurs générations ?

Borik répond invariablement par un haussement d'épaules.

« Parce qu'elle sait exactement ce que coûte une promesse rompue. »
Borik

Annotation de Gildo Hamandus

« Les peuples aiment croire que la noblesse façonne les hommes. Kaelira Varkhys démontre peut-être le contraire. Elle naquit parmi les privilégiés, grandit dans la misère et choisit finalement de ne devoir son avenir qu'à elle-même. Peu de destins résument aussi bien la différence entre le sang que l'on reçoit et la personne que l'on décide de devenir. »

Kaelira ne renie pas l'héritière qu'elle fut. Elle a simplement décidé que son nom ne tracerait plus sa route à sa place.

Compilation des Archives de Vaelris
d'après les observations attribuées à Gildo Hamandus